Portrait : Mr. Flash [Académie Hip Hop Français, février 2002]

Mercredi 21 février 2002.

LES DEBUTS

Anciennement connu sous le nom de Flash Gordon (pseudonyme qu’il a du abandonner, les droits appartenant à d’autres), Mr. Flash est un producteur des plus talentueux, à classer sans hésiter parmi les meilleurs en France même si jusqu’à présent la plupart des gens n’ont eu que peu de matière pour apprécier la qualité de son travail.
Baignant depuis des années dans la musique, c’est derrière une batterie que Flash fait ses débuts de musicien (un terme qu’il continue d’ailleurs à revendiquer) avant de s’essayer quelques temps au piano. Sa rencontre avec le Hip Hop s’est faite de manière originale : crate digger émérite, c’est à la suite d’une exploration profonde du jazz et de l’électro expérimental que Mr. Flash découvre le Hip Hop et décide de s’y pencher de façon sérieuse, aussi ne se revendique-t-il en aucun cas « old timer » d’une musique qu’il a découvert relativement sur le tard et dans laquelle il n’a pas grandi.

C’est à la suite d’heures et d’heures d’écoute attentive et approfondies des productions américaines que Mr. Flash décide de sauter le pas et de passer lui aussi derrière les machines. Au départ particulièrement intéressé par les créations de Madlib, il les délaisse rapidement pour décortiquer la façon de travailler de El-P (Company Flow). Ayant intégré les méthodes de composition américaine, Flash se lance à corps perdu dans ses propres productions. Du fait de son métier, Flash peut compter sur une banque de sons inépuisable et des disques rares qui ne serviraient à rien s’il n’y n’apportait pas sa touche personnelle. L’homme est à la mesure de son travail : perfectionniste et très exigeant. Rien dans ses productions n’est laissé au hasard et chacun de ses projets est adapté à un univers particulier, aucun ne ressemblant vraiment au précédent.

PREMIERS SONS…

Le début de son parcours musical est marqué par la sortie du premier maxi « Game Over 99 » du groupe parisien TTC dont il assure l’instru du morceau titre. Ils ont ensuite fait parcours commun pendant quelques temps, Mr. Flash posant une prod sur la compilation « Section Est Vol. 1 » (le morceau « Onpeupadir… » avec TTC, Cyanure, Yemcha et Hi-Tekk) ainsi que sur la mix-tape « L’Antre de la Folie » (le solo de Tekilatex « Sexe, mensonge et jeux vidéo ») réalisée par Tekilatex et James Delleck (octobre 2000).

LE VOYAGE FANTASTIQUE…

En 2001, outre le détonnant maxi de TTC « Léguman / Subway » dont il a composé les sons, c’est surtout le très original « Voyage fantastique » qu’il faudra retenir parmi ses réalisations. Reprenant le concept des 45 tours Walt Disney de notre enfance aussi bien pour le visuel que pour l’habillage sonore (la fée clochette qui vient signaler quand il est temps de retourner le disque, un extrait de « Merlin l’enchanteur »), Mr. Flash convie l’Américain Mike Ladd pour un « Basmentized soul » envoûtant et le duo délirant Psychotron (Tekilatex de TTC et Hi Tekk de la Caution) pour revisiter les contes que nos parents nous racontaient plus jeunes. Ajoutez à cela deux « mélodies exclusives » et vous obtenez un objet de collection indispensable.

Le succès de ce petit bijou a d’ailleurs dépassé les frontières hexagonales pour obtenir un bon écho à travers le monde. De ce succès, Mr. Flash a pu créer des connexions (dans le domaine de la musique électronique) qui se transformeront sûrement en collaborations et a hérité d’une certaine notoriété. Réalisé en collaboration avec Lust Island (son label) et Anthologeek, « Le voyage fantastique » devrait très certainement connaître une suite d’ici quelques temps. Comme dirait Flash : « Stay tuned ».

TTC

A l’origine, Mr Flash devait prendre en main la majorité des productions du premier album de TTC “Ceci n’est pas un disque” mais la sortie ayant pris du retard, le groupe a décidé de réenregistrer quelques titres. Les morceaux réalisés par Flash ne sont pas pour autant perdus : on retrouve « Nonscience », « Teste ta compréhension » et « Subway » sur l’album alors que « Léguman » et « Coffee Shop » (le duo Cuzinier / D’Oz) sont dors et déjà sortis en maxi.

PROJETS SOLO

Lors de nos dernière rencontre, Mr. Flash nous confiait qu’il travaillait sur un projet instrumental nommé « Atomic Frog » où il partageait 8 titres avec Solo (Ex-Assassin). Un an plus tard, le projet est avorté mais le producteur n’est pas resté inactif et possède encore de nombreuses cordes à son arc.

D’une part, l’album « Signal to noise » (prévu pour novembre) qui reprend une partie des travaux entrepris pour « Atomic Frog » dont un premier single intitulé « Radar rider » devrait être trouvable dans les bacs au printemps. Ce projet n’aura pas la même couleur que « Le voyage fantastique » comme l’a voulu son concepteur et les collaborations seront donc différentes. Cette fois-ci, sa créativité n’aura pas à se mettre au service d’un MC mais pourra entièrement s’exprimer dans ce projet à large dominance instrumentale (les collaborations possibles avec des MCs sont pour le moment top secrètes).

Pourquoi « Signal to noise » ? Tout simplement parce que c’est le processus qui permet de transformer un signal pur en bruit puis en un son pour enfin devenir musique mélodieuse. Les productions de l’album sont à cette image : acerbes, recelant de phases agressives pour l’oreille mais qui, à force d’assemblages, deviennent mélodieuses. Mr. Flash décrit son nouveau bébé comme « une suite de breakbeats sauvages, mélange d’electro funk et de rock psychédélique ».

A côté de ça, Mr Flash vient de terminer l’habillage (introduction, interludes, outro) sonore d’un album concept réunissant bon nombre d’artistes de la scène électronique internationale. La date n’est encore arrêtée à l’heure actuelle.

LUST ISLAND

Créé à l’origine par Mr Flash lui-même pour encourager certaines directions artistiques jusqu’alors inexplorées en France, Lust Island a aujourd’hui principalement pour but de promouvoir les travaux de Mr. Flash. Egalement signés sur le label, Little Princess et Ekinox n’ont pour le moment aucun projet concret de prévu dans le cadre de la structure. Lust Island, de l’aveux même de ses fondateurs, n’est encore qu’un label en devenir désireux de prendre son temps pour sortir des produits de qualité. Un album réunissant les trois artistes signés sur L.I. est bien sûr présent dans l’esprit de Flash mais il souhaite en premier lieu se focaliser sur ses projets à court terme avant d’entreprendre une telle réalisation.

L’AVENIR

Mr. Flash décrit « Signal to noise » comme une sorte de bande originale d’un film fantôme. Dès lors, peu étonnant qu’il voit très bien son travail s’orienter vers la conception de « scores », d’habillage de film pour le cinéma. Sa musique est pensée comme une succession d’images et c’est pour cela qu’il s’attache à réaliser des albums concept, estimant qu’il est important de donner à l’auditeur un univers complet de la musique au packaging en passant par un éventuel environnement vidéo.

Une chose est sure, on entendra parler de lui pendant un moment…

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